Les salariés de TPE réclament davantage de droits sociaux

Près de 5 millions de français travaillent dans ce qu’on appelle des TPE (très petites entreprises) ou des micro-entreprises, des structures de moins de dix ou onze salariés (ce seuil est important). Selon une enquête Harris Interactive, une majorité d’entre eux réclament plus d’avantages sociaux.

C’est un peu la structure d’entreprise type du tissu économique français : la petite entreprise, très petite même, puisqu’elle compte moins de onze salariés. 4,6 millions de français travaillent dans ces TPE ou micro-entreprise (terme qui désigne aussi un régime fiscal).

Premières élections syndicales en novembre

Pour la première fois, en novembre prochain, ces employés voteront aux élections professionnelles. Cette ouverture avait été souhaitée par l’ancien gouvernement de François Fillon afin de mesurer l’audience des syndicats dans l’ensemble des entreprises, y compris les plus petites.

A cette occasion, Harris Interactive a réalisé une enquête afin de recueillir les aspirations des salariés des TPE : une très large majorité (86%) semble satisfaite de sa situation professionnelle, qu’elle trouve d’ailleurs stable (69%) et sans précarité, même si 54% considèrent que leur profession est sous-estimée et sous-valorisée dans la société française.

Mais ce qu’ils déplorent plus que tout (65%), c’est l’absence d’avantages sociaux comme les tickets restaurant ou l’adhésion automatique à une mutuelle professionnelle.

C’est une des conséquences de l’effet de seuil, caractéristique encore assez raide du système français: rappelons qu’en France, l’élection de délégués du personnel n’est obligatoire que dans les entreprise comptant…plus de onze salariés. Un comité d’entreprise doit être formé à partir de 50 salariés. De même, les dispositifs de participation (en complément du salaire) ne sont obligatoires que dans les entreprises de plus de 49 salariés.

Pas de comité d’entreprise, pas de délégués du personnel

Ainsi 80% de salariés de TPE sondés par Harris Interactive regrettent de ne pas disposer d’instances inter-entreprises  offrant des avantages, comme des réductions sur les voyages ou des cadeaux d’entreprise.
Ils semblent aussi bloquer sur le montant de leur salaire : 69% jugent ne pas être assez payés et 52% souffrent d’un manque d’évolution dans leur carrière.

Mardi, Jean-Claude Mailly a annoncé que le syndicat FO allait « négocier au niveau des branches » pour que ces 4,6 millions de salariés bénéficient, comme leurs homologues des PME, des « chèques vacances, de tickets restaurant ou d’une complémentaire santé ».

L’organisation des élections professionnelles prévoit de faire voter les TPE du 28 novembre au 12 décembre 2012.
Il s’agit d’un scrutin régional et organisé par branche. Deux collèges à élire : un premier pour les cadres et un pour les non-cadres qui représentent 4 millions de salariés.

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